Les produits chimiques cités plus haut (créosote, essence de mirbane, paradichlorobenzène), tous cancérigènes avérés, ont en effet été interdits à la vente (même si certains fournisseurs de matériel entomo en proposent encore). Il n'y a pas de regret à avoir, car à doses normales, ce n'étaient que des répulsifs à l'efficacité d'ailleurs pas toujours prouvée malgré leur odeur tenace ! Le thymol - produit très agressif pour les voies respiratoires et qui ne fait penser que de loin à l'odeur de la garrigue - est encore à la vente, mais son efficacité n'est pas non plus démontrée.
Pour limiter les attaques de parasites (anthrènes et autres), mieux vaut avoir des boîtes suffisamment étanches, et surtout les surveiller fréquemment, comme d'ailleurs ses stocks d'insectes non préparés (couches ou plaquettes).
En cas d'attaque, il faut réagir vite : la tendance actuelle est de passer les boites au congélateur pendant quelques jours : les attaquants, larves ou images, n'y résistent pas. Idem lorsque l'on reçoit un lot d'insectes d'un collègue ou d'un marchand, en particulier pour les exotiques : passer le tout une semaine au congélo avant de les préparer. L'un de mes amis entomos a même dans son bureau un petit congélo qu'il est le seul à utiliser et où il fait régulièrement séjourner ses boîtes à titre préventif. Comme il a plus de 300 boîtes, ce n'est pas compliqué de voir que si l'on veut les faire passer toutes au moins 3 ou 4 jours par an au frais, il faut de la place !
Pour les moisissures, dont l'arrivée est le plus souvent liée à l'humidité, il n'y a pas grand-chose à faire, si ce n'est se protéger de l'humidité elle-même. J'habite personnellement en Bretagne et en bord de mer, où l'hygrométrie est un peu plus élevée qu'au coeur du Sahara. J'ai dans le bureau où j'ai ma collection installé un déshydrateur à pastilles du commerce (Rubson pour faire un peu de pub), et je n'ai pas pour le moment eu de moisissures. On peut aussi stocker ses cartons à insectes dans des armoires fermées dans lesquelles on laisse ne permanence une lampe à incandescence de faible puissance (15-20 W) allumée : c'est la fameuse "armoire sèche" des collectionneurs vivant en Afrique de l'ouest. Lorsque la moisissure arrive, et à condition de ne pas traîner, la seule solution est de traiter chaque insecte attaqué individuellement : le tremper suffisamment longtemps dans un solvant pour tuer la moisissure (alcool à 95°, éther, éther acétique par exemple), et ensuite sous binoculaire débarrasser avec une pince fine l'insecte des moisissures. Mais en général après ce traitement les insectes sont abîmés.
Pour Dousig, c'est vrai que coller ses insectes directement en fond de boîte a quelque chose d'inhabituel...

et de pas pratique comme le souligne zorgati. Si tu ne veux pas épingler directement les insectes, c'est mieux de les coller sur de petites paillettes en carton, et d'épingler celles-ci dans la boîte. Le collage des insectes en fond de carton ne se fait qu'en déco (faut aimer !) ou dans des cartons pédagogiques explicitant par exemple le cycle de vie d'un insecte. Il y a de plus une règle en entomo : un insecte sans ses données de capture ne vaut scientifiquement rien. On s'arrange toujours pour rendre l'insecte et ses données de capture ou de détermination solidaires : les étiquettes sont piquées sur la même épingle que l'insecte ou la paillette. Cela permet d'éviter de se retrouver avec des bestioles dont on ne retrouve pas la provenance lors d'examens ultérieurs des bestioles, d' échanges ou de grands rangements de printemps...
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Dom'